[Carnet de bord] Créer et exercer en Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP) : bilan de ma première année

Le 1er juin 2023, nous avons fêté les 1 an de la MSP Nantes Ar mor Santé qui compte actuellement 26 professionnels. Entre immense satisfaction et petites frustrations, voici mon bilan à 1 an en tant que médecin généraliste cofondateur.

La satisfaction de porter un projet qui devient réalité

Ce que je retiens d’abord de cette première année d’exercice en MSP, c’est la grande satisfaction que m’a procurée la concrétisation du projet. Un sentiment d’ailleurs partagé avec mes collègues. Après de longs mois consacrés à constituer une équipe et à rédiger notre projet de santé, il est gratifiant de pouvoir enfin s’installer et prendre en charge nos premiers patients.

Je suis particulièrement heureux d’avoir réussi à fédérer des professionnels de santé et d’appartenir désormais à cette équipe. La création de la MSP a permis à une dizaine de collègues de franchir le cap de l’installation !

Nous recevons régulièrement des demandes de stages pour des étudiants, et nos patients nous font aussi des retours très positifs. Ils se sentent soutenus par une équipe et apprécient la facilité d’accès et d’orientation dans leurs parcours de soins. Bref, je ne regrette absolument pas le choix que j’ai fait de m’installer en MSP.

Une équipe qui apprend à se connaître et avance ensemble

En même temps que nous faisons connaissance avec nos patients, nous apprenons à nous connaître et à travailler ensemble. Pari réussi ! Nous savions que nous partagions des valeurs communes, du moins sur le papier. En pratique, l’ambiance générale à la MSP est très agréable au quotidien.

Progressivement, chacun trouve sa place dans l’organisation : certains prennent davantage de responsabilités quand d’autres préfèrent se dégager de certains projets où ils ne trouvent pas leur place (ou faute de temps disponible). Malgré nos expériences professionnelles (et personnalités) différentes, j’ai le sentiment qu’il est assez facile d’échanger entre nous, dans le respect et la bienveillance.

En MSP comme ailleurs, les difficultés viennent souvent de prises de décisions compliquées. Certains choix font l’objet de discussions longues et délicates, comme la rédaction des statuts de la SISA et du règlement intérieur. Par ailleurs, il y a parfois de la frustration lorsque nous devons reporter des projets, comme la formation pluriprofessionnelle que nous souhaitions organiser cette année. Cela sera l’année prochaine !

La MSP, un épanouissement personnel

Clairement, je ne savais pas exactement dans quoi je me lançais au début du projet. Il ne faut pas nier les contraintes administratives et le cadre réglementaire, mais je trouve que nous sommes plutôt bien accompagnés et soutenus par l’ARS et l’Assurance Maladie. En contrepartie, j’apprécie désormais le travail en équipe, la richesse des échanges avec mes collègues de spécialités différentes et les opportunités nouvelles que nous pouvons envisager avec la MSP (formations, actions de prévention…).

Je me sens particulièrement porté par nos projets d’équipe qui donnent du sens à l’aventure collective. Par exemple, les Réunions de Concertations Pluriprofessionnelles (RCP) ont été mises en place très tôt et rapidement adoptées et plébiscitées. Elles sont un moment de partage d’expérience apprécié de tous.

Personnellement, cela m’a permis de développer de nouvelles compétences (gestion de projet, organisation de réunions, communication…), révéler certaines qualités de leader (selon mes collègues qui me placent volontiers dans ce rôle) et, assurément, d’élargir mon expérience professionnelle. Exercer en MSP m’apparaît actuellement comme le cadre le plus propice à mon épanouissement professionnel.

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