Doctolib Décrypte : PLFSS 2025

Bonjour à tous et à toutes,

Dans cet article, nous souhaitons vous récapituler les principales mesures du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2025.

Ce texte, adopté chaque automne par le Parlement, définit les priorités en matière de santé, notamment en ajustant les dépenses de l’Assurance Maladie et en introduisant des réformes comme la modification des modalités d’adressage pour le dispositif Mon Soutien Psy.

Un contexte financier et politique particulier : le PLFSS de cette année a été voté dans un contexte particulier : au niveau financier, avec une Sécurité sociale en déficit (c’est-à-dire avec plus de dépenses que de recettes), et une Assemblée nationale sans majorité absolue, ce qui a conduit le gouvernement à composer avec les différentes forces politiques pour ne pas voir ce texte censuré.

Il en résulte un texte riche, dont on peut souligner les principales orientations :

Une dépense de santé en hausse

Au total, le budget de la Sécurité sociale a été validé, bien que le Parlement anticipe un déficit de 22 Md€ en fin d’année (à titre de comparaison, ce déficit était 18 Md€ pour l’année 2024).

  • Prévision de recettes : 644 Md€
  • Prévision de dépenses : 666 Md€.
Davantage de détails sur les dépenses d’Assurance Maladie en hausse et une augmentation des objectifs d'autres branches composant la sécurité sociale.
  • L’ONDAM (Objectif national de dépenses de l’Assurance Maladie, qui inclut les dépenses en ville et à l’hôpital) augmente de 3,4% et est fixé à 265,9 Md€. Il s’agit bien d’un objectif de dépenses, et non pas d’un budget alloué : c’est la cible de dépenses que le Parlement donne à la Sécurité sociale, et qui est assortie de diverses mesures pour faire en sorte que ces objectif soient tenus (par exemple, avec des pistes d’économies détaillées plus bas). Que ce soit les dépenses de médecine de ville, pour les établissements de santé, pour les EHPAD, et pour les établissements et services pour personnes en situation de handicap, l’ensemble des dépenses de la Sécurité sociale pour 2025 est donc prévu à la hausse.
  • Augmentation des objectifs de dépense des autres branches composant la sécurité sociale : ATMP, Famille, Retraites, Autonomie, et Recouvrement.

Des pistes d’économies

Pour atténuer cette dépense en hausse, le PLFSS fixe 5 grands axes d’économies :

  1. Les dépenses de médicaments, avec notamment des actions visant à promouvoir des prescriptions raisonnées, et un bon usage du médicament ;
  2. Les dépenses de radiologie, de biologie et des transports sanitaires par les taxis conventionnés, après accord avec les professions concernées ;
  3. Une baisse du plafond des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie en cas d’arrêt de travail ;
  4. La poursuite de la lutte contre la fraude, en particulier grâce au déploiement accéléré de l’application « carte Vitale sécurisée » d’ici octobre 2025 ;
  5. Des taxes rehaussées sur les sodas, édulcorants, et sur les jeux de hasard.

Différentes réformes du système de santé

Rendez-vous non honorés : le PLFSS prévoyait initialement l’instauration d’une sanction financière pour les patients ne se présentant pas à leurs rendez-vous médicaux sans annulation préalable.

Cette mesure a toutefois été censurée par le Conseil constitutionnel, avec 13 autres mesures du PLFSS. Les Sages ont considéré que sa formulation portait atteinte à un principe constitutionnel garantissant l’accès aux soins pour tous les citoyens.

À ce jour, on ne sait pas encore si les pouvoirs publics souhaitent faire entrer cette disposition dans une future loi, en corrigeant sa rédaction pour la rendre acceptable par le Conseil constitutionnel.
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D’autres décisions concernent les sujets suivants :

Suivi médical de l’enfant

La loi prévoit une refonte du carnet de santé et un nouveau calendrier d’examens obligatoires. Un changement notable concerne également la fréquence des examens bucco-dentaires préventifs, qui passera d’un rythme triennal à annuel pour tous les jeunes âgés de 3 à 24 ans.

SAS et médicobus

Pour répondre aux besoins en soins urgents non planifiés, le Service d’Accès aux Soins (SAS) bénéficiera de ressources supplémentaires. Dans les zones médicalement sous-dotées, les initiatives mobiles se renforceront avec le déploiement de médicobus et le développement de la télémédecine.

Soins palliatifs

Un financement de 100 millions d’euros sera alloué au développement des soins palliatifs, constituant le premier volet d’un plan décennal doté d’un budget global d’un milliard d’euros.

Santé mentale

La santé mentale, désignée comme grande cause nationale 2025, fera l’objet de mesures spécifiques : simplification de l’accès aux psychologues conventionnés, et extension aux mineurs du programme VIGILANS de prévention du suicide.

Prévention

Les programmes existants comme « Mon Bilan Prévention » et la vaccination anti-HPV gratuite pour les élèves de cinquième seront maintenus.

Pénuries de médicaments

Les dispositifs de lutte contre les pénuries médicamenteuses, incluant la dispensation à l’unité, seront reconduits.

Autonomie et personnes en situation de handicap

Les départements vont bénéficier de 200 millions de concours supplémentaires de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie pour financer l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH).

EHPAD

Un fonds d’urgence de 300 millions d’euros doit venir soutenir les Ehpad. En 2023, 66% des Ehpad étaient en déficit, contre 27% en 2020

Soumission chimique

Une expérimentation inédite sera lancée dans trois régions pendant trois ans : le remboursement des examens de dépistage de substances utilisées pour la soumission chimique, même en l’absence de dépôt de plainte préalable.

Arrêts de travail en ligne

La loi interdit les plateformes proposant exclusivement des arrêts de travail en ligne et interdit la prescription d’arrêts maladie par des médecins exerçant depuis l’étranger.

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Pour davantage de précisions sur la PLFSS 2025, rendez-vous sur le site gouvernemental Vie publique.

:point_right: N’hésitez pas à nous suggérer des thématiques ou besoins pour le prochain Doctolib Décrypte.
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Belle journée :blush:

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« Les Sages ont considéré que sa formulation portait atteinte à un principe constitutionnel garantissant l’accès aux soins pour tous les citoyens ». Cette phrase est un magnifique paradoxe car un rendez vous non respecté nuit à l’accès aux soins des patients qui ne trouvent pas de rendez vous… la véritable raison est ailleurs c’est évident et comme les médecins ne savent pas se défendre… ils perdent (cela fait 40 ans que je le constate)

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Tout à fait ! les rdv non honorés nuisent d’abord aux autres patients. Cet état de fait existe et se pérennise parce qu’il y’a impunité. U n feu rouge ou un stop nuisent aussi à la libre circulation qui est également un principe constitutionnel fondamental .

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a dire vrai je ne sais pas si doctolib est tres clair au sujet de ce capotage de validation…

Les RDV non honorés nuisent d’abord à mon activité!!
C’est une excellente chose que la taxe lapin ait été retoquée, car un délit ne pouvant pas être sanctionné 2 fois (et la CPAM prenant sa quote-part sur la taxe lapin en dehors de tout remboursement puisque le patient n’est pas venu en cs), il nous aurait été interdit de les blacklistés (puisque déjà sanctionnés financièrement), donc on aurait dû se subir des mal élevés à longueur de temps.
En d’autres termes, j’ai pas besoin de la sécu pour le faire le ménage dans ma patientèle!!

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Il faudrait que doctolib commence à integrer que le « Lapin » n’est pas le meme en fonction des spécialité.
Pour moi, un patient qui prévient 24h avant, ne me permet pas en tant que spécialiste (Urologue) de repositionner un patient dans le cadre de mon exercice.

ainsi, C’est comme un Lapin. Mais comme doctolib ne permet pas de bloquer les annulations au dela de 16h, nous sommes coincé : comme c’est possible, le patiet le fait..

Nous avons besoin d’un accompagnement sur ce point ! Laissez nous gerer nos autorisations de délais d’annulation ! Je veux empecher les patients de pouvoir annuler d’eux meme les RDV moins de 7 jours avant !

Ce n’est que en rendant l’annulation compliquée, que les patients s’y tiendront.

Doctolib contribue a faire de la médecine un Fast-Healtcenter

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Comme d habitude on nous prend pour des pigeons… on (le flic de la secu) surveille nos prescriptions, on surveille nos revenus avec le relevé SNIR. Si on s’arrete pour cause d’epuisement les caisse de retraite se frottent les mains. Moins de medecins, peut etre une montée du taux de mortalité : un mort, ce sont des economies en vue et ca coute moins a la collectivité qu un malade qu on soigne. De toutes les façons les medecins resteront perdants dans la legalité telle que la france la concoit. Partir ou arreter, retraite ou demenagement, ce sont les seules perspectives supportables pour nous.

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Bonjour @here,

L’objectif de cet article Doctolib Décrypte est avant tout de vous tenir informés et d’apporter un éclairage sur les actualités en santé qui vous concernent.

La problématique des rendez-vous non honorés est un sujet que nous suivons avec attention. Nous cherchons à accompagner au mieux les professionnels de santé tout en préservant l’accès aux soins pour tous les patients et en respectant le cadre légal.
Cette approche équilibrée nous a notamment conduits, par exemple, à allonger le délai d’annulation des rendez-vous l’année dernière.

Je vous invite à consulter cette page dédiée à ce sujet dans la Communauté, qui apporte des éléments de réponse complémentaires. N’hésitez pas à la parcourir pour prendre connaissance des réponses apportées ou pour nous faire part de vos retours additionnels.

Le probleme est mal posé. Dans le contexte de desert medical actuel, le fait de ne pas honorer un RV medical prévu, doit etre considéré comme un acte d’incivilité, au meme titre par exemple que stationner sur une place handicapé.
Par consequent, il doit etre sanctionné non par une taxe quelconque, mais par une contravention., par exemple 35 euros la premiere fois, puis 135 euros en cas de recidive, et autant de fois que nécessaire. L’infraction devra etre signalée par le medecin, ou l’etablissement dans lequel il travaille. Ce sera au contrevenant de prouver qu’il n’a pas pu se rendre au rendez-vous pour un motif serieux (maladie par exemple)

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ce que je fais :

  • bloquer définitivement le patient indélicat qui n’a pas honoré un RV
  • supprimer son RV s’il reprend un RV en modifiant prénom ou autre détail (on le voit car Doctolib indique « doublon »)
  • et s’il arrive quand même à reprendre un RV lui faire payer un dépassement = montant de la consultation qu’il n’a pas honorée précédemment
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Tout à fait d’accord avec toi cher ami ! Lamentable !

« Le temps est venu pour nous tous de planter les graines des bonnes relations, pour que la compréhension fleurisse, que la paix fleurisse, et que fleurisse tout ce qui est nécessaire au bien-être de ceux qui souffrent »
peut etre faut il changer de jardinier ?

Bonjour @Flore_Jobic

Depuis que j’ai bloqué la possibilité de prendre rendez-vous pour des patients non connus, je n’ai quasiment plus de lapins.
L’autre effet bénéfique de ce choix de ne plus recevoir de nouveaux patients, c’est la diminution forte des pseudo comptes créés pour contourner les blocages et donc de la tache chronophage de les fusionner.

A mon sens, cela démontre que c’est le manque de rigueur de Doctolib dans la gestion des rendez-vous pour des personnes non suivis qui est le principal facteur favorisant les lapins.
Nous subissons aussi la dégradation de l’expérience utilisateur qui est la conséquence de la contrainte mise par Doctolib sur les professionnels de santé de devoir perdre du temps à, sans cesse, devoir fusionner des doublons de comptes.

Sur le fond, je trouve profondément regrettable pour les innombrables patients en recherche de rendez-vous médicaux, que les carences fonctionnelles de de l’agenda conduisent le médecin qui souhaite avoir un exercice plus sécurisé sur le plan des lapins, à refuser de recevoir de nouveaux patients.

@Stanislas_Niox-Chate @Jurb

Bonjour, comment expliquez-vous qu’une plateforme comme LIVI puisse prendre une retenue sur les consultations non honorées ?

je bloque dès la 1ère incivilité et s’il arrive à revenir je lui prends 10 euros hors sécu

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tout à fait d’accord. j’ai exactement le même problème en chirurgie pédiatrique. 16h max c’est beaucoup trop court comme délai. J’ai des journées de consultation en gruyère à cause des annulations dans les 24-48h avant le rdv (quand ils recoivent les SMS de rappel…).

Les gens ont l’air de prendre des rdv au hasard et annule comme ils annuleraient une sortie à mcdo parce qu’il pleut ou que sais-je. Il n’y a aucune responsabilisation.

Chaque 24-48h avant une consultation j’ai 30-50% des patients qui annulent ou déplace de quelques jours ou à la semaine d’après leur rdv. Certains font cela 6-7 fois d’affilé… (et je finis par les blacklister, mais ils ont l’audace de refaire un nouveau compte… pour recommencer…).

Sans parler de ceux qui font de l’overbooking : rdv le matin+aprèm, ou plusieurs lundi de suite pour pouvoir choisir au dernier moment ce qui les arrange etc. C’est lunaire.

Je vous encourage à

  • désactiver le rappel sms
  • Ajouter un document qui se poste à chaque prise de rdv dans les documents ajoutés à la consultation, expliquant vos conditions et les sanctions que vous mettez en place en cas d’annulation au dernier moment (blocage de prise de RDV en ligne et obligation de passer par le secrétariat…)
    Ça ne règle pas tout… mais ça permet de faire un tri