Installé en libéral depuis 2009, Jonathan Robertin nous donne ses conseils pour construire et développer sa patientèle en tant qu’ostéopathe. Pour lui, la visibilité sur Internet est importante pour se faire connaître… mais le contact direct reste indispensable.
Quels conseils donneriez-vous au jeune ostéopathe qui crée son premier cabinet ?
Je l’invite à mener une bonne étude de marché avant de décider où s’installer. Il faut éviter les zones qui comptent déjà plus d’un praticien pour 5.000 à 7.000 habitants. Ce seuil peut être nuancé si le jeune ostéopathe connaît déjà des médecins ou des kinésithérapeutes dans la localité concernée : il bénéficie alors d’un réseau qui lui enverra des patients.
Quels outils digitaux doit-il privilégier pour se faire connaître ?
La première étape consiste à s’inscrire sur Doctolib pour gagner en visibilité et faciliter la prise de rendez-vous. Ensuite, il peut créer son site Internet professionnel, en le construisant de manière à refléter sa personnalité et sa pratique. C’est un complément utile à la page Doctolib. Enfin, l’outil Google My Business est important pour recueillir des avis et des commentaires… Il ne doit pas hésiter à inviter les patients à aller le visiter, peut-être qu’ils y laisseront un avis bienveillant.
Quelles bonnes pratiques peut-il suivre pour tirer le maximum de sa page Doctolib ?
Je lui conseille d’être bien exhaustif et de mettre une photo récente. Sa présentation doit contenir les mots que le grand public associe maintenant à l’ostéopathie : “thérapie manuelle”, “approche globale”, “ostéopathie structurelle, viscérale, tissulaire et crânienne”, etc. Pendant la pandémie de Covid-19, j’ai aussi veillé à porter un masque sur ma photo et à lister les précautions prises dans mon cabinet. L’objectif était de rassurer les patients et de leur donner toutes les informations susceptibles de les mettre en confiance.
Comment peut-il gagner en notoriété au-delà du digital ?
Il doit absolument se présenter aux médecins et aux kinésithérapeutes locaux. Mais attention : il ne s’agit pas de faire du porte-à-porte. Le mieux est de leur envoyer un courrier de présentation pour leur proposer une rencontre. Je lui conseille aussi de courtiser les pharmaciens, car ceux-ci voient passer du monde et connaissent tous les petits maux du quartier. Enfin, il doit se faire connaître des associations sportives locales et de leurs entraîneurs... par exemple en se promenant dans les forums associatifs qui ont souvent lieu dans les communes à la rentrée.
Et le bouche-à-oreille ?
C’est le meilleur canal de notoriété, c’est sûr… On peut l’encourager en veillant constamment à la qualité des soins et en se montrant attentif et pédagogique auprès de chaque patient.
Peut-il attirer des patients en pratiquant un tarif inférieur à celui de ses concurrents ?
C’est toujours possible, mais c’est très mal vu ! Je me souviens du cas d’une jeune ostéopathe qui avait cherché à vendre des séances à tarif très réduit via le site Groupon. Les syndicats d’ostéopathes lui ont demandé de cesser cette campagne car elle nuisait à l’image de la profession. Il faut respecter certains principes de déontologie.