Décision de l'Autorité de la concurrence : notre position

Bonjour,

Depuis 12 ans, nous construisons Doctolib avec un objectif simple : vous aider, soignants, à gagner du temps et à vous concentrer sur vos patients. Alors que l’innovation stagnait dans le secteur, nous avons choisi de bâtir un outil véritablement intégré et pensé pour transformer votre quotidien.

Aujourd’hui, l’Autorité de la concurrence a rendu une décision suite à une plainte ancienne déposée par l’un de nos concurrents, Cegedim, pour abus de position dominante sur les supposés marchés de la prise de rendez-vous médicaux en ligne et de la téléconsultation. Cette décision ne nous reconnaît pas pour ce que nous sommes réellement : un acteur récent du secteur du logiciel médical, et de taille modeste face à des acteurs historiques 3 fois plus grands que nous. Nous équipions 10% des soignants français en 2019 au moment de la plainte, et environ 30% aujourd’hui.

Nous savons que ce type d’informations peut susciter des interrogations légitimes. Et, parce que vous nous faites confiance au quotidien, nous souhaitons vous expliquer clairement notre position et les suites que nous allons y donner.

L’essentiel à retenir

  • Les accusations retenues contre nous sont mineures et nous les réfutons factuellement. Elles reposent selon nous sur une analyse erronée du marché dans lequel nous évoluons et des pratiques qui nous sont attribuées.

  • Nous allons faire appel, en étant confiants dans la suite de la procédure pour démontrer le bien-fondé de nos arguments.

  • Aucun impact pour vous : votre abonnement, vos données, vos outils restent inchangés.

Pourquoi faire appel de cette décision?

  • Ce que nous vous proposons en tant que soignant est une suite logicielle « tout-en-un », qui rassemble des dizaines de fonctionnalités : agenda, prise de rendez-vous, téléconsultation, gestion administrative et facturation, télétransmission, messagerie sécurisée, etc.

  • Comme toute entreprise innovante, nous avons bousculé un marché verrouillé en avançant progressivement, brique par brique. D’abord des fonctionnalités de secrétariat numérique simples et utiles, puis une suite complète et cohérente, en apportant de l’innovation, une qualité de service élevée, et surtout une approche ouverte et sans engagement. L’infographie qui suit illustre ces propos :

  • La prise de rendez-vous médicaux en ligne et la téléconsultation, bien que visibles du grand public, ne représentent qu’une part infime de cette suite “tout-en-un”. C’est 3% des 5 millions de lignes de code de Doctolib.

  • L’Autorité de la concurrence s’est appuyée sur une définition de marché restreinte en isolant ces deux fonctionnalités, alors qu’elles n’ont jamais été commercialisées toutes seules. Cette approche est sans fondement technique et ne reflète ni la réalité du marché des logiciels médicaux, ni votre pratique quotidienne. Dans les faits, tous les éditeurs médicaux intègrent un agenda dans leurs logiciels et cherchent à proposer une solution complète et unifiée. Comment, d’ailleurs, respecter le parcours de soin pour la téléconsultation sans l’associer à la gestion de patientèle, seule garante de ne consulter que des patients déjà connus ? Et comment, dans la continuité, remettre l’ordonnance aux patients, facturer et télétransmettre à la CNAM ?

  • Enfin, nous restons aujourd’hui un acteur récent et modeste face à nos concurrents européens et américains, nos chiffres d’affaires parlant d’eux-mêmes :

Quelles sont nos réponses aux autres accusations ?

Nous tenons également à vous apporter des précisions sur plusieurs accusations formulées par l’Autorité de la Concurrence.

  • L’acquisition de MonDocteur en 2018 était une démarche habituelle pour n’importe quelle entreprise innovante qui cherche à grandir. Elle a permis de recruter des équipes et d’améliorer la technologie proposée aux soignants et aux patients. À l’époque, Doctolib était une très petite entreprise, avec un chiffre d’affaires 25 fois inférieur à celui de notre principal concurrent.

  • La clause d’exclusivité instaurée il y a plus de 10 ans correspondait alors à un standard du marché, pensée pour éviter les erreurs et une charge mentale trop importante qu’aurait causée l’utilisation simultanée de deux agendas. Elle n’a jamais été appliquée et a disparu depuis deux ans. Cette accusation n’a aucun fondement, d’autant plus que Doctolib est reconnu comme l’un des rares logiciels qui vous garantit une totale liberté : pas d’engagement, la propriété totale de vos données et la portabilité gratuite en cas de changement.

  • À propos de la téléconsultation, il est important de rappeler qu’il s’agit d’une fonctionnalité intégrée à l’agenda et au logiciel médical, au même titre qu’un rendez-vous classique. La déconnecter de notre suite logicielle causerait des difficultés concrètes dans votre pratique quotidienne et ferait peser un risque sur le suivi de vos patients.

Aucun impact pour votre activité

Vous continuez à utiliser Doctolib comme d’habitude, sans aucune incidence sur votre contrat ou vos fonctionnalités. L’ensemble de nos services reste inchangé : vos outils, vos données, votre accompagnement. Nos équipes restent pleinement mobilisées pour améliorer votre expérience, innover et répondre à vos besoins quotidiens.

Nous abordons sereinement la suite de la procédure, confiants dans le fait que nos arguments seront entendus. Tout cela ne remettra en cause ni notre capacité à innover, ni notre engagement à servir nos utilisateurs.

Au delà de Doctolib

Cette décision pose une question plus large : comment les entreprises innovantes peuvent-elles se développer en construisant progressivement un ensemble de technologies cohérent ? C’est une question qui dépasse Doctolib et concerne l’ensemble de l’écosystème.

Merci pour votre confiance,
L’équipe Doctolib

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Bonjour à tous, @Jurb

Clairement Doctolib s’est imposé comme un acteur incontournable du soin en France par une vision moderne et innovante.
Ce leadership n’a pas été imposé, mais choisi par les professionnels de santé ainsi que les patients.

Même si je peux reconnaitre que cette hégémonie peut paraitre omniprésente, elle n’est le fait selon moi que de la qualité du produit, point essentiel qui fait que j’ai choisi cette solution et que je garde plaisir à l’utiliser au quotidien (malgré quelques poils à gratter). Au passage, j’en profite pour saluer le dynamisme et la bonne volonté de tous les doctoliber que j’ai pu cotoyer!

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Doctolib condamné par l’Autorité de la concurrence à 4,6 millions d’euros d’amende pour abus de position dominante.
L’Autorité sanctionne Doctolib à hauteur de 4 665 000 euros pour avoir abusé de sa position dominante dans le secteur de la prise de rendez-vous médicaux en ligne et des solutions de téléconsultation médicale | Autorité de la concurrence

Qui va payer ? Les professionnels de santé abonnés à ses services !

L’amende sanctionne notamment les clauses d’exclusivité qu’il imposait aux soignants désireux de souscrire à la plateforme de rendez-vous en ligne ou à son service de téléconsultation.
Doctolib est aussi condamné pour « l’achat de son concurrent MonDocteur en 2018, «dans le but de verrouiller le marché national des services de prise de rendez-vous». »

En effet on ne peut utiliser le logiciel clinique, très bon, sans être abonné à l’agenda. Or cet « Agenda » permet à des gens de prendre rendez-vous pour des personnes bloqués.
« Doctolib Patient » et la « Messagerie Patient » entrainent un risque très important, plusieurs fois par jour, de divulgation d’informations médicales confidentielles, puisque les tiers qui prennent les rendez-vous pour nos patients ont accès aux documents publiés après chaque consultation.
Malgré de multiples alertes de médecins, Doctolib continue à jouer la montre.
Mais je crains que la CNIL, un jour, sanctionne Doctolib pour ce non respect systématisé du secret médical.

Il y a un an, CEGEDIM a été condamné à 800 000 euros d’amende pour avoir notamment traité des données de santé sans autorisation.

Si nous avions la possibilité réelle de choisir un autre agenda en ligne, sans couplage des dossiers médicaux avec le reste de l’écosystème Doctolib, ces deux problèmes mis sous le tapis par Doctolib depuis des années, deviendraient prioritaires pour les décideurs.

Sur le fond ce qui m’agace le plus, c’est que ces 4.6 millions d’euros de pénalités auraient été mieux utilisés pour le développement de nouvelles fonctionnalités. C’est donc de fait une taxe sur l’innovation.

@Jurb @Stanislas_Niox-Chate

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Tu es sûr que cela n’est pas possible d’utiliser le LM Doctolib sans agenda ? J’ai cru entendre des utilisateurs qui étaient dans cette configuration

Tu as raison, cela semble aujourd’hui possible, mais ce n’était pas le cas lors du lancement du logiciel. J’imagine que la condamnation par l’Autorité de la Concurrence concerne la période pendant laquelle ce n’était pas possible. Il s’agit d’une saisine de la société Docavenue, devenue Cegedim Santé.

Doctolib a imposé, jusqu’au mois de septembre 2023, dans ses contrats d’abonnement avec les professionnels de santé, une clause d’exclusivité, combinée à une clause dite « anti-allotement » permettant à Doctolib de suspendre ou résilier le contrat. Ces clauses interdisaient aux professionnels de santé, ou dissuadaient ces derniers, de recourir à des services de prise de rendez-vous médicaux ou à des solutions de téléconsultation concurrents de ceux de Doctolib.

Je serais effectivement assez intéressé pour utiliser un autre système de prise de rendez-vous que celui proposé par Doctolib, qui coûte cher, qui est un enfer à configurer, qui ne permet pas un filtrage efficace, et qui restreint fortement les possibilités de communication de groupe avec sa patientèle. Son principal intérêt est la visibilité, dont je n’ai absolument pas besoin (au contraire !).

Autant j’apprécie énormément le logiciel de gestion des dossiers médicaux, autant j’ai beaucoup de mal avec cet agenda Doctolib.

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Bonjour @Dr_Fraslin_Jean-Jacq,

Je me permets de regrouper vos messages sous notre article, qui détaille la décision de l’Autorité de la concurrence et notre position.

Concernant votre question « Qui va payer ? Les professionnels de santé abonnés à ses services » : la réponse est non. Nous sommes très clairs sur ce point : votre abonnement, vos données et vos outils restent inchangés. Il n’y aura aucun impact pour vous.

La plainte datant de 2019, nous avons anticipé cette situation en provisionnant les fonds nécessaires. Il n’y aura aucune répercussion financière sur nos utilisateurs.

Par ailleurs, les pratiques examinées ne concernent pas le partage de documents en fin de consultation que vous évoquez. Vous trouverez l’explication détaillée à ce sujet dans cet autre message.

Bonjour @MarionArnauld
Oui, c’est bien ce que je dis. Un jour la CNIL pourrait condamner Doctolib

Concernant votre question « Qui va payer ? Les professionnels de santé abonnés à ses services » : la réponse est non. Nous sommes très clairs sur ce point : votre abonnement, vos données et vos outils restent inchangés. Il n’y aura aucun impact pour vous.
La plainte datant de 2019, nous avons anticipé cette situation en provisionnant les fonds nécessaires. Il n’y aura aucune répercussion financière sur nos utilisateurs.

Il n’y a pas d’argent magique. Ces 4.6 millions d’euros d’amende proviennent des abonnements des professionnels de santé et pas des actionnaires.

En l’espèce, l’acquisition de MonDocteur a été réalisée dans un but d’éviction et de verrouillage du marché et a permis à Doctolib de consolider son pouvoir de marché sur le marché national des services de prise de rendez-vous médicaux tout en évinçant son principal concurrent. Des éléments internes confirment la volonté de « killer le produit », et indiquent que pour Doctolib « la création de valeur […] n’est pas l’ajout de l’actif [MonDocteur] mais sa disparition en tant que concurrent ». Un document rédigé à la demande de Doctolib indique ainsi qu’à la suite de l’acquisition de MonDocteur « Doctolib fonctionnera sans plus aucune concurrence en France ».

Cette opération a permis à Doctolib de gagner 10 000 nouveaux professionnels de santé et d’augmenter sensiblement et durablement ses parts de marché. En outre, dans plusieurs documents internes saisis lors des perquisitions, on peut lire que Doctolib voyait au travers de cette acquisition le moyen de « réduire la pression sur les prix » et un levier pour « augmenter [ses] prix de 10 à 20% ». Doctolib a bien procédé ultérieurement à plusieurs augmentations successives de ses tarifs. L’Autorité constate que ces augmentations ont été plus importantes que celles initialement envisagées (de 3 points de pourcentage supplémentaires) sans que cela engendre de perte de clientèle et freine sa croissance, et ce bien que les plateformes concurrentes pratiquaient des prix inférieurs aux siens.

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Bonjour,

Je suis d’accord avec vous pour la divulgation d’information auprès des tiers. Un jour ou l’autre, il y aura des plaintes et ça retombera sur doctolib mais surtout sur nous!! Je ne comprends pas l’absence de modifications pour le partage des documents alors que nous avons alerté à plusieurs reprises !

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Après, Cegedim est unanimement reconnu comme le pire éditeur du marché. Que leur part de marché s’effondre est plutôt dû à ça, non ?

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La visibilité sur Doctolib Patient est ce qui me permet aujourd’hui de m’installer à la campagne après presque 20 ans d’exercice en ville, sans aucun problème pour me faire une nouvelle patientèle, ce que je n’aurais jamais osé faire il y a quelques années. Ce déplacement d’activité (déclenché par la fermeture d’un cabinet de groupe asphyxié par des charges intenables même pour mes collègues installés en secteur 2), s’accompagne en ce qui me concerne d’une réduction de charges d’environ 2.000 € par mois (ceci n’est pas une coquille). En effet, mon nouveau loyer défie toute concurrence, et je n’ai plus besoin de secrétariat… grâce à DL.

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En 2025, si vous êtes généraliste ou spécialiste de premier recours, vous pouvez vous installer à peu près partout en France et le bouche à oreille fera le nécessaire en quelques semaines. La demande est immense et les français sont à l’affût. Doctolib vous fera peut-être gagner quelques jours ou semaines, c’est peanuts.

Eventuellement Doctolib peut vous aider à combler des disponibilités de dernière minute, et encore avec le SAS désormais ce besoin est en partie comblé, avec une valorisation spécifique à la clé.

Lisez ce forum, les rares clients qui se plaignent d’un problème de visibilité ne sont pas médecins de premier recours.

Pour avoir eu affaire à leur branche “santé” il y a quelques années, avec un bref entretien avec leur directeur médical de l’époque : je supporte totalement ton hypothèse ! Ce sont des requins.

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… et CEGEDIM fait son beurre depuis des années en revendant les données patients d’un panel de médecins utilisant ses logiciels aux laboratoires pharmaceutiques

800K€ d’amende pour la revente des données de santé

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