Cartes de France de l'accès aux soins 2026 : ce que les données nous apprennent

Bonjour à toutes et à tous,

Chaque année, la question de l’accès aux soins revient au cœur du débat public. Mais au-delà des perceptions, qu’est-ce que les données de terrain nous disent vraiment ?
Doctolib, la Fondation Jean-Jaurès et Joy Raynaud, géographe de la santé, publient la deuxième édition des Cartes de France de l’accès aux soins. Et cette édition apporte un regard nouveau, plus complet : pour la première fois, l’étude intègre la parole des patients.

Une étude ancrée dans les réalités de terrain

Cette édition s’appuie sur plus de 234 millions de consultations réalisées en 2025, les données de plus de 80 000 professionnels de santé, et une enquête nationale menée auprès de près de 8 000 patients. Croiser les délais effectifs de prise en charge avec le vécu des patients, c’est ce qui rend cette édition particulièrement éclairante.

Des délais qui bougent, dans un sens comme dans l’autre

Les évolutions sont contrastées selon les spécialités. Bonne nouvelle du côté de l’ophtalmologie (−4 jours), la dermatologie (−3 jours) et la gynécologie (−2 jours), qui enregistrent des améliorations sensibles depuis 2023. En revanche, la cardiologie (42 jours de délai médian), la psychiatrie, la pédiatrie et les sages-femmes voient leurs délais s’allonger légèrement.

Ce qui ressort de manière frappante : la densité médicale ne détermine pas seule les délais. L’ophtalmologie a divisé ses délais par plus de deux en huit ans à effectifs quasi constants, grâce à la réorganisation de la filière et au travail aidé. À l’inverse, la cardiologie a vu sa densité libérale progresser, mais ses délais s’allonger. L’organisation du soin compte autant que le nombre de soignants.

La téléconsultation : un levier encore largement sous-utilisé

Les données le confirment : là où la téléconsultation est pratiquée, les délais sont systématiquement inférieurs au présentiel, 1 jour contre 3 jours en médecine générale, 3,8 jours d’écart en dermatologie. Et pourtant, elle représente moins de 3 % de l’activité dans la plupart des spécialités hors psychiatrie et médecine générale.

Un autre chiffre qui rassure sur la nature de cet outil : en 2024, 82 % des téléconsultations réalisées sur Doctolib l’ont été avec un praticien déjà connu du patient, une pratique ancrée dans la continuité de la relation soignant-patient, pas un substitut au soin.

Ce que les patients vivent, au-delà des délais

L’enquête patients révèle une réalité souvent silencieuse : 63 % des patients ont déjà renoncé à chercher un rendez-vous. Ce renoncement touche toutes les catégories de population, y compris les cadres (71 %) et les 25-34 ans (75 %). Il n’est pas l’apanage des zones rurales : l’écart avec les zones urbaines n’est que de 4 points.

Autre signal fort : 23 % des patients sont allés aux urgences faute de rendez-vous disponible au cours des douze derniers mois, mais 20 % y ont renoncé grâce à un rendez-vous obtenu en ligne. Ces deux données illustrent concrètement le rôle du numérique dans l’orientation vers le bon canal de soins.

Enfin, sur l’IA en santé : 45 % des patients utilisent déjà une IA conversationnelle pour des questions de santé. Son effet est double : 25 % déclarent avoir consulté plus rapidement grâce à elle, mais 18 % y ont renoncé à la suite de son utilisation. Un sujet qui mérite attention, notamment chez les étudiants, qui cumulent le taux d’utilisation le plus élevé (78 %) et un taux de renoncement post-IA parmi les plus forts.

Des inégalités territoriales profondes, sans géographie unique

Les écarts entre territoires restent considérables. En cardiologie, le délai varie de 16 jours à Paris à 164 jours dans le Gers. En ophtalmologie, de 5 jours en Seine-Saint-Denis à 153 jours dans le Gers. Ces géographies sont spécifiques à chaque profession et ne se réduisent pas à une opposition simple entre urbain et rural.
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:backhand_index_pointing_right: L’étude complète est consultable ici : Cartes de France de l’accès aux soins 2026
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Et vous, est-ce que ces chiffres correspondent à ce que vous observez au quotidien dans votre pratique ? Partagez-nous votre expérience en commentaire.
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Belle journée :blush:

2 « J'aime »

Je doute que la téléconsultation ait un gros intérêt en dermatologie surtout avec le module Doctolib où on voit le patient dans une fenêtre minuscule qu’on peut certes agrandir mais avec une vidéo qui reste de mauvaise quanlité.
Au minimum, il faudrait que le module permette de récupérer des photos de meilleure qualité pendant la téléconsultation.