Journée Mondiale de la santé mentale 💙 Quelques conseils

Bonjour à tous et à toutes,

:writing_hand: Je suis ravie de reprendre la plume par ici à l’occasion de la Journée de la santé mentale valorisée par l’OMS, thématique qui me tient particulièrement à coeur - d’autant plus qu’il nous reste beaucoup à découvrir sur ce sujet.

Si je vous demande, « êtes-vous pour ou contre l’idée d’aborder en consultation comment se passe la vie professionnelle des patients » ?

:thinking: Je vous vois réfléchir….« est-ce réellement une problématique ? » Pourquoi je vous partage cette question aujourd’hui?

:point_right: Tout simplement, parce que cette année, la Journée mondiale de la santé mentale organisée par l’OMS est dédiée au lien qui existe entre santé mentale et ce que nous vivons sur le plan professionnel.

En contre toute attente, en parlant ces derniers jours autour de moi, j’ai pu constater des avis bien mitigés. J’avais ainsi envie de lancer ce sujet entre nous !

Santé mentale au travail : une boîte de pandore difficile à ouvrir ?

Certains professionnels de santé me disent que c’est pour eux une clé afin de mieux comprendre la santé globale de leurs patients.

D’autres m’ont au contraire avoué trouver cela secondaire. Et d’autres encore craignent d’ouvrir la boîte de pandore et ne pas pouvoir la fermer avec de bons conseils aidants pour leurs patients.

Pourtant, près de 50 % des arrêts de travail sont liés à des troubles psychiques, et le burn-out touche 1 salarié sur 5. Avec ses conséquences sur la santé physique.

Reconnaître la souffrance au travail : celle de nos patients, comme la nôtre

:no_good_woman: La souffrance au travail se manifeste par divers symptômes : nos patients peuvent dans ce cas nous avouer se sentir nerveux, irritables, tristes, ou avoir des difficultés à se concentrer et à coopérer.

Certains rapportent des maux de tête, des douleurs musculaires, ou des troubles du sommeil.

:smoking: Ils peuvent aussi recourir à ces substances que vous connaissez bien… café, tabac, alcool, ou même des somnifères, tout ça pour « tenir le coup ». Ils peuvent vous partager avoir des changements dans leur comportement alimentaire.

:speech_balloon: Pour certains d’entre vous qui ouvrent le sujet avec leurs patients, juste de mettre des mots sur la situation avec vous, cela les aide à « se rendre compte » de ce qui se passe. Mais aussi, ils réalisent qu’est en leur pouvoir de faire quelque chose.

Autre bénéfice, en abordant ce sujet, nous pouvons les aider à rapidement identifier « l’origine du mal-être ».

Tout cela n’est pas souvent « évident » pour les patients. Ni pour les praticiens, d’ailleurs, qui sont souvent à l’écoute de l’autre mais qui se reconnaîtrons peut-être aussi dans ces symptômes !

Voici 5 choses qui ont été identifiées comme des facteurs significatifs sur la souffrance au travail :

:mending_heart: Cela peut être…

  • l’intensité du travail
  • les exigences émotionnelles liées à l’activité (trop exposés au grand public ou à des situations difficiles)
  • le manque d’autonomie dans leur poste
  • des relations avec les collègues qui sont inconfortables
  • les conflits de valeurs avec celles appliquées par l’entreprise où ils sont ou encore l’insécurité de l’avenir…

Mes conseils pour aborder ce sujet sensible en 4 étapes

Si cela peut vous intéresser, voici la méthode en 4 étapes que j’ai bâtie pour aborder ce sujet de façon constructive surtout quand j’ai peu de temps. Je l’ai appelée « Time », comme prendre un peu de temps sur le sujet du travail.

T : Travailler sur le sujet en ouvrant la discussion avec le patient sur ses difficultés professionnelles. Comme, « comment ça va le boulot en ce moment? »

I : Identifier les actions positives et les difficultés en écoutant et reformulant les propos du patient.

Par exemple, « je comprends que vous réussissez à faire {ceci/cela}, et que c’est difficile sur {ces aspects…} ». C’est la partie la plus importante, car pour vos patients, d’expérimenter une écoute juste de ce qu’ils vivent, est à la fois très rassurant et valorisant. Ils peuvent mieux réaliser en vous écoutant juste répéter ou reformuler ces points clés ce qu’ils font de constructif pour s’en sortir et ce qui reste à solutionner (et d’où cela vient).

M : Motiver le patient à poursuivre ses actions pour améliorer son équilibre.

E : Encourager à solliciter un soutien professionnel (psychologue, psychiatre, coach pro certifié, l’association Apec, rejoindre un réseau professionnel soutenant) si nécessaire.

Pour celles et ceux qui sont « pour », … c’est quoi votre question préférée pour parler du « boulot » avec vos patients? Ou au contraire, quelles sont vos réticences à le faire ? Il y a-t-il des thèmes sur lesquels vous n’êtes pas à l’aise ?

Et n’oublions pas…

Mettons en commun nos avis et nos ressources !

Vous pourrez m’y retrouver puisque j’interviens pour décrypter ces situations ! :wink:

  • Association APEC (pour les cadres, accompagnement individuels ou collectifs gratuits partout en France)

Je vous attends dans les commentaires pour échanger,
A très vite,

Caroline

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Merci @DELANNOYCaroli pour ces précieux conseils .
Pour ma part , je constate que le sujet du bien être au travail fini toujours par être évoqué chez les patients que je vois régulièrement ;J’ai souvent rien d’autre à leur proposer qu’une écoute attentive mais tous disent que c’est déjà beaucoup.
Voici la petite photo apaisante du jour :sunny:

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Quelle chance, où est-ce ? Merci d’amener le soleil sur la communauté ! :sun_with_face:

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Merci de ton retour de pratique en tant qu’infirmière! Une question pour toi qui en parle avec tes patients : est-ce que cela t’amène à les orienter vers d’autres professionnels de santé ou autre sur ce sujet? ou cela n’ouvre pas sur cela?
(merci pour ce ciel bleu!!) :pray:

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A Canet en Roussillon, Pyrenées Orientales . :sunny: :blush:
Le seul département ou il ne pleut pas ou quasiment pas!

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Oui parfois.
Mais bien souvent de me parler, leur fait prendre conscience du problème et les incite à passer à l’action.
De rien pour le ciel bleu! :sunny: :sunny:

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Bravo pour cet article. La question de la santé psychique au travail est effectivement primordiale. Aborder ce sujet en consultation permet souvent de mieux comprendre les sources de souffrance des patients, mais également de les accompagner de façon plus globale. Dans nos disciplines, parler du travail en consultation est un élément incontournable de la prise en charge.

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Merci de votre retour Guillaume! :pray:. En tant que psychiatre, avez-vous des ressources, conseils que vous utilisez spécifiquement pour vos patients et que vous trouvez efficace, voire des associations sur ces sujets dans votre région? Cela peut nourrir d’autres pros dans la communauté.

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En consultation, la question du bien-être au travail, ou de son absence, oriente fréquemment vers celle du sens que l’on y met. Pour cela, je trouve la matrice A.C.T. de la thérapie d’acceptation et d’engagement très utile en thérapie.
De façon très simple, la première ressource est parfois d’orienter le patient vers son médecin du travail via le service de santé au travail de son entreprise. À bien des reprises, j’ai vu des situations se débloquer grâce à leur action. Les psychologues du travail disposent également d’outils thérapeutiques très intéressants.
Pour répondre à votre dernière question, je citerais de façon spontanée l’association « Les Burnettes » dans la région bordelaise (https://lesburn-ettes.com), qui propose un accompagnement et un soutien pluriprofessionnel de qualité aux femmes en souffrance au travail. Le système associatif a l’avantage de s’éloigner du soin : les gens y sont des personnes et non des patients. Parallèlement, cela facilite notre rôle de thérapeute.

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