Chaque année, un nombre plus important de psychologues s’installe en libéral. Plus d’un tiers des effectifs exerce aujourd'hui ainsi, contre à peine plus de 16 % il y a 15 ans. À la sortie de l’école, après quelques années passées en établissement de santé, en milieu de carrière, l’installation constitue un véritable défi. Des confrères témoignent et reviennent sur leur expérience.
Le cabinet : trouvé. La motivation : débordante. Ne manquent plus que les patients… Chaque année, un nombre plus important de psychologues s’installe en libéral. Plus d’un tiers des effectifs exerce ainsi (à 100 % ou en activité mixte), contre à peine plus de 16 % il y a 15 ans, d’après les données de la DREES. À la sortie de l’école, après quelques années passées en établissement de santé, en milieu de carrière, l’installation constitue un véritable défi : comment booster son activité ?
Définir son activité et rencontrer ses pairs
Avant d’être connu et reconnu, il est indispensable de définir les limites et contour de votre activité. “La première des choses, c’est d’identifier son expertise et le scope de son expertise : que sais-je faire, quels patients je peux recevoir, quels patients je ne peux pas recevoir...”, indique Caroline Delannoy, psychologue à Paris. Une “carte de visite” claire et concise qui facilite les échanges avec les professionnels alentour. “Avant même de commencer son activité, il faut cartographier son maillage professionnel, déterminer avec qui vous pourrez pratiquer avec rigueur et qualité. Il peut s’agir de médecins généralistes, psychiatres, médecins du travail, ostéopathes, nutritionnistes, comme de professionnels exerçant en dehors du domaine de la santé, des avocats par exemple, détaille Caroline Delannoy. Lorsqu’un psychologue va à leur rencontre, il n’y va pas pour faire sa pub, mais pour se présenter et envisager une collaboration de confiance : j’ai telle expertise, je peux intervenir sur telles situations, si je rencontre tels cas, puis-je vous les adresser ?” Une démarche essentielle à la prise en charge globale du patient et à la réponse aux situations d’urgence. “Avoir un large réseau professionnel est très important, abonde Gabriel Rafi, neuropsychologue clinicien à Paris. Être sensibilisé à qui fait quoi en tant que professionnel permet de mieux orienter les patients. Il faut se déplacer, aller à la rencontre des professionnels, participer aux salons, aux colloques…” Les événements organisés par l’Agence régionale de santé, les hôpitaux, les associations de professionnels et de patients autour d’une pathologie particulière donnent l’occasion de faire connaissance. De même, solliciter les établissements de santé (hôpitaux, EHPAD, PMI…) peut amorcer un premier échange.
Utiliser les outils numériques pour assurer sa visibilité auprès de patients acteurs de leur santé
“Se rendre visible, voilà l’élément-clé”, rappelle Caroline Delannoy. La communication n’est pas un gros mot. Pas plus dans l’oreille des professionnels que dans celle des patients. “Il y a eu un changement important dans la posture des patients : ils sont devenus acteurs de leur santé. Certains aiment encore qu’on leur recommande un psychologue, mais de plus en plus, ils veulent choisir eux-mêmes. Tous n’ont pas la chance d’être orientés vers un praticien de confiance. Vérifier les spécialisations d’un professionnel grâce aux outils numériques les aide. D’où l’importance de communiquer de façon accessible et transparente”, constate Caroline Delannoy. “Tant que cela va dans le sens du patient, tous les moyens sont bons pour se faire connaître”, dit Gabriel Rafi. Un site Internet sur lequel le psychologue détaille sa façon d’exercer et un profil bien complété mettant en avant ses spécialités sont autant d’éléments que les patients prennent en compte lorsqu’ils recherchent un psychologue ! Pour bien compléter votre profil, 3 photos, des mots-clés bien choisis et des motifs normés sont essentiels. Pour maximiser la prise de rendez-vous sur Doctolib via votre site internet, il est possible d’y ajouter un bouton de redirection. Pour voir comment faire, vous pouvez consulter cet article.
La téléconsultation, un outil efficace et apprécié à développer
De petits “plus” peuvent aussi faire la différence et créer le déclic pour le patient. Une spécialisation, par exemple. “Indispensable, estime Gabriel Rafi. C’est un gage de qualité et les patients recherchent ça, ils sont en quête de spécialistes pour répondre de façon efficace à leurs problématiques.” “Un psychologue plus généraliste peut aussi très bien réussir”, rassure Caroline Delannoy. Autre point de démarcation : proposer la téléconsultation. Plébiscité lors du confinement, ce mode d’échange ouvre les portes du cabinet de psychologue à des patients qui n’y avaient jusque-là pas accès, parce qu’ils vivent dans des zones éloignées, ont des difficultés à se déplacer ou un emploi du temps trop chargé.
